Votre psychanalyste serait-il un bon leader en entreprise ?

Inspiré des ressources clés du leadership, ces 5 principes majeurs peuvent également se décliner au métier de psychanalyste

Fluidité et écoute :

Capacité à créer le rapport, avec soi et avec l’autre.

Le psychanalyste développe une écoute bienveillante propre à mettre son patient en confiance pour lui permettre de libérer sa parole.

Influence et audace :

Capacité à oser, à prendre des risques, voire à transgresser l’existant ou les croyances collectives.

Le psychanalyste va accompagner son patient sur la voie qu’ils choisiront de tracer ensemble en fonction du « matériel » qu’ils recueilleront au long de la cure analytique.

Flexibilité et remise en question :

Capacité à faire preuve d’humilité, de curiosité et de remise en question pour sortir du cadre et accepter le changement, l’inconnu…

Fort de la cure à laquelle il a lui-même été soumis, le psychanalyste est mis en capacité d’écouter sans aucune forme de jugement toutes les situations que ses patients lui présentent.

Ingéniosité et créativité :

Capacité à faire preuve d’adresse et d’habileté. Esprit d’invention, affirmer sa singularité, sa créativité.

En fonction des connaissances et compétences qu’il acquiert lors de sa formation, de la culture psychanalytique qu’il développe auprès ses pairs et du transfert qui se met en place avec chacun de ses patients, le psychanalyste compose à chaque séance et envisage un potentiel « plan de traitement ».

Centrage et sérénité :

Capacité à prendre du recul et à maîtriser sa spontanéité. Quiétude rassurante.

Le psychanalyste, dans sa pratique, fait l’objet d’une supervision afin d’assurer à ses patients une disponibilité intellectuelle et un respect du cadre analytique.

Philosophie et Psychanalyse : au sujet de l’introspection …

Cet article présente un extrait d’une lecture récente de l’ouvrage “L’Ame du monde” de M. Frédéric Lenoir, philosophe contemporain.

Ce texte expose la réflexion de sept sages venus de quatre coins du monde pour enseigner à deux jeunes, les clés de la sagesse issus de la mise en commun de leurs témoignages de vie quotidienne et spirituelle.

Dans la seconde partie, “Les sept clés de la sagesse”, la deuxième traite du “Corps et de l’Ame”.

Après avoir introduit la nécessité de s’occuper tant du corps que du psychisme, voici l’extrait que je souhaite vous faire partager :

“[ … ] Un travail d’introspection est nécessaire à une bonne connaissance de soi. Il peut de se faire seul, mais il sera souvent utile, face à des perturbations émotionnelles fortes, de faire appel à un soutien extérieur. Comme il existe des médecins du corps physique, il existe des médecins de notre corps psychique. Il ne faut pas avoir peur de se faire aider par une tierce personne lorsque nous sentons que nous allons mal, que nos émotions nous submergent et nous empêchent d’avoir l’âme en paix. Or bien des blessures viennent de la petite enfance et nous marquent à vie, suscitant à l’âge adulte des comportements et des émotions qui entravent notre épanouissement. Plutôt que de vivre enchaînés, il est bon de prendre conscience du problème initial et de tenter de le résoudre dans le moment présent, avec la conscience et les ressources, notamment spirituelles, dont nous disposons aujourd’hui. [ … ]”

Ce travail d’introspection est celui qui peut être conduit lors d’une thérapie analytique mais son champ d’application est large : songez aux différents comportements que vous pouvez adopter dans “vos vies” personnelle et professionnelle, dans vos relations familiales ou sociales.

Le premier signe qui indique la nécessité d’entreprendre un tel travail est la souffrance : souffrance vis-à-vis d’une situation, d’un mode d’interaction ; mal-être au travail ou sentiment d’inadaptation à l’environnement dans lequel le sujet évolue.

Se faire aider c’est probablement reconnaitre une faiblesse mais c’est surtout montrer une motivation à aller de l’avant pour sortir de la situation qui fait souffrir.

Bibliographie : Frédéric Lenoir – « L’Ame du monde » – Editions Pocket – ISBN : 978-2-266-24065-9

Surdoué, douance, haut potentiel … comment se faire un avis juste ?

Vous en côtoyez tous les jours sans le savoir ou ils font peur, vous pensez que votre enfant peut présenter les caractéristiques d’une “douance” … qu’ils inspirent les moqueries ou les jalousies, ils.elles ont juste une façon différente de penser et de réagir aux sollicitations.

Alors prenez quelque temps pour regarder ce document de la RTS qui explique justement et sans complaisance ce qui se passe “dans la tête d’un surdoué”. Après l’avoir visionné, vous comprendrez mieux et changerez certainement d’avis sur ces personnes “atypiques”.

 

 

La réalité virtuelle est-elle un mécanisme de défense « digital » ?

Réalité, « principe de réalité », quoi de plus réel et concret qu’une cellule qui naît, vit et meurt ?

Le « principe de réalité » nous rappelle notre condition d’organisation cellulaire qui – à tout moment – doit s’adapter à son environnement, composer avec les éléments, puis – inexorablement – se soustraire au monde qui l’a vu naître.

Par opposition, le « principe de plaisir », lui, est là pour nous permettre de profiter de l’instant présent – ou à venir – et atténuer – voire occulter – cette réalité de notre condition humaine.

Car il est plus agréable de passer du bon temps avec ses amis ou sa famille que de ruminer ses pensées noires seul.e dans son coin.

Car il est plus enrichissant de se cultiver, de jouer, de découvrir, de s’émerveiller … que de ressasser sur notre sort ultime à chaque nouvelle épreuve qui se présente à nous.

Pour nous protéger des assauts qui nous rappelle cette réalité intrusive, nous mettons en place ce qu’il est convenu de nommer des « mécanismes de défense ». Ces mécanismes – inconscients – qui nous permettent d’avancer malgré nos déboires en les niant, les attribuant à autrui, faisant de l’humour pour tenter de les détourner, de les contourner … voir les écrits (1)d’Anna Freud à ce sujet.

Comme dans la cour de l’école, on joue « à faire semblant », on joue à « on dirait que », on s’invente des stratagèmes pour faire primer le « principe de plaisir » et tourner le dos au « principe de réalité ». On joue au soldat, j’te tue « pour de faux », tu comptes jusqu’à 3, tu te relèves et tu reviens jouer avec nous.

Cette règle du jeu se retrouve dans les jeux pour « adultes » : ces jeux vidéos qui rivalisent d’images de plus en plus « réalistes ». On virtualise la mort, on joue avec des armes semblables à celles de soldats de terrain, dans des environnements qui reproduisent la topographie des lieux de guerre, tout en restant assis au salon dans le canapé.

L’humain a conçu d’autres applications pour utiliser la technique de l’imagerie virtuelle, des applications thérapeutiques visant à placer la personne en situation de « faire semblant » pour limiter le risque d’exposition au principe de réalité. Soigner les troubles anxieux, le stress post-traumatique, certaines addictions … mais également pour permettre au médecin de s’entraîner à pratiquer tel ou tel geste technique.

Toutefois, comme pour le « refoulement » – mécanisme de défense qui consiste à renvoyer dans l’inconscient un traumatisme psychique en pensant ainsi s’en défaire – il faut se méfier du « retour du refoulé » qui peut s’avérer plus douloureux que le traumatisme initial. En effet, lorsque la réalité vient éveiller le souvenir du traumatisme, celui-ci refait surface avec l’exponentiel agrégat des expériences intermédiaires.

L’oxymore représentée par l’association de « réalité » et « virtuelle » nous rappelle donc nos jeux d’enfants transposée à l’époque où la technologie que nous développons nous permet de nous exposer à des leurres toujours plus représentatifs d’une réalité à laquelle nous souhaitons échapper.

Tel Esope et son « Garçon qui criait au loup », à virtualiser à outrance, ne risquons-nous pas de nous trouver fort démunis lorsque le réel va nous rattraper ?

(1) « Le Moi et les mécanismes de défense » – A. Freud – ISBN 978-2-13-051834-1 Editions PUF